lundi 20 juillet 2009

coup de coeur : à toi Banzai


Quand j'ai perdu ma Kidy, je me suis dit que je ne prendrais plus de chien et j'avais tout un tas d'argument : pas le temps, trop de contraintes, trop souvent absente, mais derrière tout ça la vraie raison c'est que ça fait vraiment trop mal de perdre son amour sur 4 pattes, et puis je ne voulais aimer que Kidy, rien qu'elle, et qu'elle demeure la seule et unique!
Et puis 3 mois plus tard, ma collègue a aussi perdu son loulou et malgré son immense chagrin, elle avait décidé de reprendre un chiot, là tout de suite.Et son argument à elle, tellement plus vrai et tellement plus sincère : c'est qu'elle avait encore tant d'amour à donner, qu'elle voulait l'offrir à quelqu'un d'autre et ne pas laisser tout cet amour s'envoler dans la nature.
ca m'a fait réfléchir : était-ce égoïste de ma part de ne vouloir aimer que ma Kidy? de garder tout cet amour pour quelqu'un qui n'était malheureusement plus là ? Bien sûr j'aimerais toujours ma gamine, mais tout cet amour, cette maison avec jardin: est-ce que j'allais laisser dormir tout ça?
Alors dans cet état d'esprit, je me suis dit que quant à faire de donner de l'amour, il fallait que cet amour en vaille la peine, il fallait que je retrouve un chien, mais pas n'importe quel chien, pas un chien pris dans un élevage dont les chances d'être adopté sont maximales, NON il fallait un chien à AIMER, un chien privé d'amour depuis longtemps, et là ce fut comme une évidence et je me suis tournée vers la SPA.
Si la démarche est belle, il n'en reste pas moins que c'est une expérience magnifique et douloureuse. Il y en a tellement, et tous font chavirer votre cœur : celui-ci parce qu'il est vieux et qu'il mérite une retraite tranquille, loin des barreaux, celui-ci parce qu'il a été retrouvé attaché à un arbre lors d'un départ en vacances, celui-là parce que son maitre est mort et que personne ne l'a voulu en héritage, et l'autre du fond qui n'est pas beau, ou souffre d'une maladie ou le petit là-bas qui est devenu gênant quand ses maitres ont eu un bébé. C'est incroyable et cela peut nous paraitre paradoxale: tous ont subi la méchanceté et la bêtise humaine, mais tous nous aiment, tous continuent de croire en l'homme!
J'ai parcouru 1200 km dans la même journée pour aller chercher un chien, sans savoir si j'allais rentrer avec, juste portée par l'espoir. J'avais remplie mon cœur d'amour et mon réservoir d'essence. Et voilà, les kilomètres défilent sous vos pneus. Sera-t-il au rendez-vous ? la question n'est pas de savoir si je vais l'aimer mais lui m'aimera-t-il? Ce n'est pas est-il compatible avec ma vie? mais ma vie lui conviendra-t-il? est-ce qu'il sera heureux avec moi? Et puis il est là devant vous, exactement comme vous l'aviez imaginé, vous essayez de vous concentrer sur lui et oublier tous les autres, sinon le choix ne sera pas possible et vous repartirez les mains vides, et le cœur aussi. Et puis soudain tout va vite, vous allez le promener, vous signer des papiers et le voilà dans votre voiture. Tous les 2 avec nos craintes et nos attentes secrètes. Et si vous vous étiez trompé? Et Lui ? il est là, assis sagement. Que pense-t-il? Il est là, il subit votre choix, comme il a subi tous ces mois passés dans un refuge, il est calme, l'air de dire ça ne peut pas être pire, et si ils me ramènent au refuge, j'aurai été au moins quelques heures dehors. Et puis vous arrivez à la maison, et c'est là qu'il comprend que NON, on le ramène pas au refuge! Il ne connait pas cet endroit, mais tout de suite il s'y sent bien : c'est grand, c'est calme, il n'y a plus tous mes compagnons qui aboient, pleurent ou grognent, j'ai à boire et à manger, et une main toujours prête à me caresser. Lui et moi on ne se connait pas bien. On est entré dans la vie l'un de l'autre depuis 48H seulement, mais je peux vous assurer qu'ici il y a un parfum de bonheur. Un amour sur 4 pattes. Une gentillesse extrème que j'ai vraiment peine à croire que quelqu'un ait pu un jour l'abandonner. Quelqu'un d'une stupidité stupéfiante et qui ne sait pas ce qu'il a perdu, et à coté de quoi il passe. Mais trop tard Monsieur l'Idiot, votre chien est à moi! et je viens d'adopter le plus beau et le plus gentil chien du monde!

PS : Un Grand merci à la SPA et aux bénévoles qui font un travail formidable

coup de gueule: contre les chiens abandonnés

Plutôt que de vous écrire un texte, j'ai préféré publier un poème (pas de moi) mais qui explique bien ce qui se passe dans la tête d'un chien. Poème tellement triste et malheureusement tellement vrai.
J'espère un jour que Banzai cessera d'attendre son 1er maitre, qu'il l'oubliera et qu'il me considérera comme sa seule et unique maman

La complainte du chien abandonné !

Texte de Gilbert Dumas.


Au fond du vieux refuge, dans une niche en bois,
Depuis deux ans je purge, d'avoir trop cru en toi.
Tous les jours je t'attends, certain que tu viendras,
Tous les soirs je m'endors, sans que tu ne sois là.



Pourtant je suis certain, je te reconnaîtrai,
Viens me tendre une main, je te la lécherai.
Tu te souviens très bien, quand je sautais sur toi,
Que tu me caressais, que je dansais de joie.



Que c'est il donc passé, pour que ce 16 juin,
Heureux que tu étais, je me rappelle bien,
Tu sifflais, tu chantais, en bouclant les valises,
Que tu m'aies attaché, là, devant cette église.



Je ne peux pas comprendre, et ne croirai jamais,
Que toi qui fus si tendre, tu sois aussi mauvais.
Peut-être es-tu très loin, dans un autre pays,
Mais quand tu reviendras, moi j'aurai trop vieilli.




Ton absence me pèse, et les jours sont si longs,
Mon corps s'épuise, et mon cœur se morfond.
Je n'ai plus goût à rien, et je deviens si laid,
Que personne, jamais, ne voudra m'adopter.



Mais moi je ne veux pas, que l'on me trouve un maître,
Je montre bien mes dents, et je prends un air traître,
Envers qui veut me prendre, ou bien me caresser,
Pour toutes illusions, enfin leur enlever.

Car c'est toi que j'attends, prêt à te pardonner,
A te combler de joie, du mieux que je pourrai,
Et je suis sûr, tu vois, qu'ensemble nous saurions,
Vivre des jours heureux, en réconciliation.




Pour cela, je suis prêt, à faire de gros efforts,
A rester près de toi, à veiller quand tu dors,
Et à me contenter, même si j'ai très faim,
D'un vulgaire petit os, et d'un morceau de pain.

Je n'ai jamais rien dit, lorsque tu m'as frappé,
Sans aucune raison, quand tu étais énervé,
Tu avais tous les droits, j'étais à ton service,
Je t'aimais sans compter, j'acceptais tous tes vices.

Tu m'as mis à la chaîne, ou tu m'as enfermé,
Tu m'as laissé des jours, sans boire et sans manger,
J'ai dormi bien souvent, dans ma niche sans toit,
Paralysé, raidi, tellement j'avais froid.


Pourtant, si tu reviens, nous partirons ensemble,
Nous franchirons en chœur, la porte qui ressemble,
A celle d'une prison, que je ne veux plus voir,
Et dans laquelle, hélas, j'ai broyé tant de noir.

Voilà, mon rêve se termine, car je vois le gardien,
Puis l'infirmière, et le vétérinaire plus loin,
Ils entrent dans l'enclos, et leurs visages blêmes,
En disent long pour nous, sur ce qu'ils nous amènent.

Je suis heureux, tu vois, car dans quelques instants,
Je vais tout oublier, et, comme il y a deux ans,
Je m'endormais sur toi, mon cher et grand ami,
Je dormirai toujours, grâce à …l'euthanasie.

Et s'il t'arrive un jour, de repenser à moi,
Ne verse pas de larmes, ne te prends pas d'émoi,
Pour toi, j'étais " qu'un chien ", tu préférais la mer,
Tu l'aurais su avant, j'aurai payé moins cher.

A vous tous les humains, j'adresse une prière,
Me tuer tout petit, aurait peiné ma mère,
Mais il eut mieux valu, pour moi, cette manière,
Et vous n'auriez pas eu, aujourd'hui, à le faire.