dimanche 1 février 2009

Petites réflexions sur la vie no.2 : les parents suite...

Cette semaine, en parlant de la disparition de ma maman, quelqu'un m'a dit que j'avais de la chance qu'elle soit partie "en bonne santé" et que mon papa était là pour l'assister tous les jours parce qu'il n'y a rien de pire que de voir ses parents décrépir et de devoir les assister dans les tâches rudimentaires de la vie... c'est probablement vrai mais c'est comme tout : tant qu'on ne les a pas vécu soi-même, on ne peut pas comprendre, à la limite on imagine, mais la réalité est au delà...
Et voilà , en fin de semaine, mon papa est tombé malade, et ce soir, c'est mon tour de garde. Je dois vous dire que je suis une piètre infirmière, je ne sais pas ce qu'il faut faire ou pas, je n'y connais rien en matière de médicament; je ne sais pas si c'est bien d'en prendre plus ou moins, de sauter un tour parce qu'on ne le sent pas... Et en plus, quand c'est son papa, je ne sais pas comment on dit à son père "maintenant tu prends tes cachets et tu ne fais pas chier!"... Alors voilà je suis passée pour voir comment ça allait et franchement avant d'y aller je n'en menais pas large. Je me disais pourvu que ça aille, parce que sinon, suis nulle et suis dans la merde !
C'est bizarre, vous voulez être utile, et en même temps vous ne savez pas quoi faire, et quand vous trouvez un truc à faire vous ne savez pas si c'est bien ou pas. Par exemple, mon papa avait les yeux collé, alors je vais chercher un gant de toilette, une bassine d'eau tiède et je décide de lui nettoyer les yeux. A tout moment, je m'attendais à ce qu'il me dise, je n'ai pas besoin que tu me laves. Ce n'est pas évident de laver le visage de son papa comme on laverait celui d'un enfant !
Ô miracle, ça lui a fait super du bien d'avoir une lavette d'eau fraiche sur le visage. Et moi je me suis dit "yes, j'ai fait un truc de bien!" Ensuite, j'essayais de me mettre à sa place, alors vous vous retrouvez à lui demander s'il veut profiter d'aller aux toilettes pendant que vous êtes là, et en même temps vous croisez les doigts pour qu'il dise non, parce que pour vous, emmener son papa aux toilettes, vous n'êtes pas prête pour ça. Même si c'est jamais une tache plaisante, pour un enfant, vous ne vous posez pas la question et vous le faites, mais pour vos parents! Bien que cela ne change rien à la tâche, dans les faits, il vous semble que c'est énorme et que vous ne pourrez jamais. Après 1/2 heure et après avoir tout fait ce que je pouvais faire, je l'ai laissé dormir et je suis partie, mais pas avec le sentiment du devoir accompli. Je ne sais pas, je me sens comme si je n'avais pas été à la hauteur, j'aurais dû rester, et en même temps ça n'aurait rien changé si j'étais restée, ou alors je ne voulais pas rester pour ne pas avoir à en subir plus? mais si jamais il n'est pas bien cette nuit, il est tout seul. Mon dieu, pourvu que ça se passe bien cette nuit
! Je voudrais tellement en faire plus et en même temps je ne m'en sens pas capable. Jusqu'où sommes nous prêt à aller? ou sont nos limites ? Est-ce un devoir à tout prix ? ou juste une volonté de vouloir aider ceux qu'on aime mais sans garantie de réussite? et après, si je n'y arrive pas ? Que ce passerait-il si je n'assume pas ce nouveau rôle parents-enfants inversé ?

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